Je suis un Arménien de la diaspora dans toute sa splendeur, je mange, je danse et j’écoute de la musique arménienne. Je me qualifie moi-même de vieux arménien, tant les racines que j’ai avec l’Arménie actuelle sont loin des miennes. De plus, je n’ai jamais eu la chance d’apprendre l’arménien. C’est dans cette quête de mieux se connaitre que Birthright Armenia est apparu comme une occasion en or. Une occasion de vivre de l’intérieur mes origines que je revendique haut et fort.
La première semaine
L’excitation de découvrir de nouvelles personnes et d’arriver en Arménie a très vite été terni par deux gros obstacles. La langue ! L’arménien était un subtile mélange de sons inconnues à ce moment-là. Une langue parlé dans toutes les rues bien évidemment dont je ne comprends pas un traitre mot. Le second obstacle, Erevan ! Une grande ville débordant de vie, de voiture et de personnes. Moi petit français d’origine arménienne, je débarquais dans l’aventure d’une vie qui commençait quelque peu difficilement. Ce pays dont je suis fier me paraissait bien loin de l’image de ce que je m’en faisait, la nourriture et la langue peu familière m’ont parfois fait regretter mon choix. Puis vient l’intégration et direction Gyumri, lieu de mon volontariat.
Le premier mois passe puis deux puis trois
Quand la peur de la première semaine disparait et que l’on rencontre le staff, les volontaires et les collègues de travail, tout devient clair et le temps passe à une vitesse folle. On rencontre des inconnus qui deviendront des amis. Des membres de BirthRight qui deviendront des mentors ainsi que des amis avec qui on partage des discussions parfois mouvementées. Des discussions qui permettent de comprendre en détail nos héritages culturelles si différent.
Ces premiers mois sont ceux de la découverte. Ceux des premières conversations avec sa host mom, dont on est fier. Ceux des premiers havaks et forums, moment de rencontre privilégié avec les autres volontaires, où l’on découvre d’autres facettes de la culture. Ceux des premières excursions, où la beauté de l’Arménie se révèle à nous. Découvrir la création des khachkars, du vin, des monastères ayant vu passé des millénaires. Les premiers mois sont l’occasion de prendre des repères, découvrir l’histoire riche de Gyumri et ses alentours. Flâner près de Marmashen ou encore déambuler dans les rues magnifiques du centre-ville.
Lorsque l’on arpente l’Arménie et que l’on parle aux gens cela provoque un sentiment spécial. Un lien spécial avec le berceau de notre culture, tout en étant parfois éloigné de celle-ci. Un sentiment qui croit au fur et à mesure des mois et qui laisse une trace indéfectible.
L’enrichissement
C’est souvent à ce moment que l’on prolonge son volontariat de plusieurs mois. C’est à ce moment charnière, où la langue ne devient plus un enchainement de sons mais une douce mélodie dont on décrypte les secrets. C’est à ce moment où l’on commence à s’amuser avec les enfants dans la rue et que l’on apprécie chaque seconde de ce magnifique pays. On se prend à planifier un potentiel futur en Arménie, des proches viennent nous rendre visite. On est alors fier de montrer nos progrès en langue ou alors les recoins inaccessibles pour le touriste lambda. Tout cela permet de rentrer dans la phase d’enrichissement.
On s’enrichit alors de tout le monde, les discussions avec les Arméniens deviennent plus longues et plus profondes, les simples commodités deviennent des blagues et des moments de vie inoubliables. Les autres volontaires deviennent alors des amis et le prochain voyage sera sûrement pour leur rendre visite dans leur pays d’origine.
Enfin bref, une simple expérience et un formulaire en ligne, et on se forge des souvenirs pour la vie qui modifie pour sûre notre perception du monde.
L’Arménie est un pays magnifique et en sillonnant ses chemins, j’ai parfois trouvé l’inspiration d’écrire des poèmes sur mon voyage.